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Un, deux, trois, …

Un, deux, trois, …

Dans les contes merveilleux de Perrault ou de Grimm, les choses vont souvent par trois. Les rois ont trois fils (dont deux sont de sacrés imbéciles), la marraine-fée donne trois vœux à la princesse, le héros dans la forêt magique fera trois rencontres qui bouleverseront sa vie.

Ce dimanche, nous étions chez nos amis du club de Libourne, et ces trois rencontres ont bien failli arriver !

Le match

Comme dans la Belle et la Bête, Fabrice a rencontré un cheval magique et lui a fait parcourir l’échiquier à la vitesse de la lumière. Avec la complicité d’un Fou, le Cavalier a fait des ravages dans la cavalerie adverse. C’était à l’échiquier 2.

À l’échiquier 4, la Dame de Fabienne, la Présidente de l’Échiquier Libournais, a renversé les rôles, et c’est elle qui a réveillé le Roi adverse au bois dormant d’un baiser mortel. Précisons que Fabienne, la partie terminée, a salué la qualité de la partie de Marin, qui a vite sorti ses pièces légères et vite occupé le centre.

À l’échiquier 1, j’aurais bien aimé précipiter mon Roi en finale contre les pions adverses, comme l’Ogre se précipite sur le Petit Poucet. Hélas, à la fin, il ne restait plus sur l’échiquier que deux Rois ensommeillés et douze pions imbriqués les uns dans les autres. Match nul.

Enfin, à l’échiquier 3, l’adversaire de Samuel a vite compris que le gars en face ne plaisantait pas, et que ce n’était pas les contes d’autrefois qui le fascinaient, mais les mangas. Samuel a donc fait fructifier les deux pions d’avance qu’il avait gagnés sur sa Française, en les propulsant à Dame avec une brutalité de karatéka.

Conclusion

Pour conclure, disons un grand merci aux parents pour leur énergie et leur gentillesse, à nos amis de Libourne pour leur sens de l’accueil et, bien sûr, à nos jeunes, pour leur fair-play et la qualité de leur jeu. Je compte bien les revoir à la ronde 3, en janvier.

Donc, à bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe Créon 6
Texte et dessins


Rencontre du 07/12/2025, Ligue Nouvelle-Aquitaine, Régionale 2, Groupe 8 :
Échiquier Libournais 2 – Échiquier Club Créonnais 6 : 1-2


Prochaine rencontre

La prochaine rencontre de l’équipe Échiquier Club Créonnais 6, dans le Groupe 8 du Championnat Interclubs de Régionale 2, aura lieu le dimanche 18 janvier 2026 à Créon. L’équipe Échiquier Club Créonnais 6 sera opposée à l’équipe Échiquier Tressois 5.


Une planche en bois de chêne de Dodone

Une planche en bois de chêne de Dodone

Dans la mythologie grecque, le chêne de Dodone est un chêne sacré, propriété de Zeus. Aussi, les marins qui vont à la conquête de la Toison d’Or intègrent à la charpente du navire une planche prélevée sur l’arbre. Quand le timonier tient mal le cap, la planche hurle, elle engueule carrément le capitaine. C’est mieux qu’un GPS.

Voilà pourquoi, en tournoi, les joueurs d’échecs, pas moins aventuriers que Jason, refusent le plastique. Pour bien réfléchir, pour bien piloter le navire de sa partie, il faut des pièces en bois. On voit les futurs Carlsen, avant leurs coups décisifs, triturer pensivement une Tour ou un Fou pris à l’adversaire, comme Hercule pouvait triturer sa massue avant de porter le coup fatal.

En ce dimanche, notre équipe Créon 6 rencontrait l’équipe Créon 4, et nous aurions pu nous contenter des jeux de tous les jours, mais les copains, la veille, avaient eu la prévenance de nous régler les pendules et de nous sortir les jeux en bois. Peut-être pas en chêne de Dodone – mon Cavalier n’a délivré aucun oracle – mais on fait avec ce qu’on a.

Le match

À l’échiquier 1, tard, très tard, Liam, en finale, a essayé d’arracher la nulle. Beaucoup, à sa place, avec un Cavalier contre une Tour, auraient renoncé. Bravo à Liam, qui ne se décourage jamais dans l’adversité ! Bravo aussi à Eliote, qui a su pousser son adversaire au Zugwang, en évitant le piège du pat.

À l’échiquier 2, Gauthier et moi avons fait une partie assez égale, jusqu’à ce que je me retrouve en finale avec un bon Fou et lui avec un mauvais Fou, c’est à dire se déplaçant sur les cases de la même couleur que celles où se trouvent ses pions.

À l’échiquier 4, pour sa première compétition officielle, Marin a affronté Hugo ! Une belle confrontation qui s’est terminée par un joli mat de Hugo. Mais félicitations aux deux joueurs !

Enfin, à l’échiquier 3, Axel, lui aussi, jouait sa première partie officielle. Il a eu la chance de tomber sur Jean-Guy, qui est le plus fair-play des adversaires. Axel ne gardera pas un goût amer de sa défaite. J’espère, comme Marin, le revoir dans mon équipe !

Conclusion

En conclusion, pour justifier mes petits dessins, je dirai que les pièces des échecs ne sont pas des bouts de bois sans âme.

Les Cavaliers ?
Avec leur fougue et leur agilité, ils symbolisent la jeunesse.

Les Tours, c’est le contraire.
Ce sont des pièces lourdes, lentes à bouger, qui aiment être reliées entre elles. Ce sont nos vétérans.

Et les Fous ?
Je ne sais pas. Mais je trouve toujours très joyeuse leur façon d’aller en diagonale.

C’est fou, Mesdemoiselles ! Le Grand Jean-Michel, a-t-il puisé son inspiration au Festival d’Échecs de Rochefort ?

À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe Créon 6
Texte et dessins


Rencontre du 16/11/2025, Ligue Nouvelle-Aquitaine, Régionale 2, Groupe 8 :
Échiquier Club Créonnais 4 – Échiquier Club Créonnais 6 : 3-1


Prochaine rencontre

La prochaine rencontre de l’équipe Échiquier Club Créonnais 6, dans le Groupe 8 du Championnat Interclubs de Régionale 2, aura lieu le dimanche 7 décembre 2025 à Libourne. L’équipe Échiquier Club Créonnais 6 sera opposée à l’équipe Échiquier Libournais 2.


Soyons Rugby !

Soyons Rugby !

« Quand l’équipe de Perpignan
S’en va jouer à Montauban
Elle l’emporte c’est évident
Sur l’équipe de Montauban… »

Cette merveilleuse chanson des Frères Jacques peut être comprise comme une joyeuse ballade bien anodine. Elle peut être aussi entendue comme un hymne à la fraternité du sport qui tisse, à travers tous les Perpignan et les Montauban du monde, les liens de l’amitié.

Hier, nous rencontrions nos amis de Tresses, nos Perpignanais à nous et, comme le disait Corneille dans Horace, nous ne sommes qu’un sang et qu’un peuple en deux villes. Le peuple des pousseurs de bois ! Mais, copains ou pas, ça allait barder !

Aux échiquier 1 et 2, José et Jean-Guy ont terrassé Jean-Luc et Clément. Aux échiquiers 3 et 4, en compagnie de Samuel, je m’inclinais devant Victor et Octave. Faute de joueur disponible, notre échiquier 5 est resté vide. Mais ce furent quatre belles parties !

En guise de conclusion à cette saison, je proposerai au lecteur une anecdote de ma jeunesse.

Un soir d’été caniculaire, dans une pampa surchauffée, une troupe de théâtre donnait Macbeth en plein air.

L’orage, dantesque, éclata au moment où l’usurpateur, abandonné de tous, entamait son duel contre le prince d’Écosse. Les acteurs, héroïques, voulurent finir la pièce au milieu des éclairs qui pulvérisaient la sono. Alors les spectateurs décidèrent de ne pas laisser les comédiens seuls, et restèrent en tongs au milieu des flaques d’eau et des gigawatt-heures qui dégringolaient du ciel.

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs, nous nous rassemblâmes. Tous les yeux étaient mouillés, pas seulement à cause du déluge, et personne n’était capable de faire des phrases trop longues.

– Vous avez Dieu comme metteur en scène, dit mon collègue Pascal.
– Ouaip, sans doute, répondit Macbeth en allumant une cigarette.
– C’est comme ça, résuma pensivement un garde du château.
– Vous nous offrez un café ? demandais-je.
– La cafetière a disjoncté, comme tout le reste, a dit Lady Macbeth dans le noir. Mais il doit rester de l’orangeade au bar.

Cette orangeade partagée dans une obscurité totale fut aussi euphorisante qu’un alcool fort.

Je ressens aujourd’hui, à la fin de cette longue saison de compétition interclubs en division Régionale, la même euphorie. Je suis attablé derrière la même orangeade, et je repense à toutes nos parties, aussi terrorisantes que les sorcières des landes d’Écosse, mais toutes exaltantes. Merci aux joueurs, si talentueux et sympathiques, et surtout, merci aux parents pour leur gentillesse et leur énergie !

À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe Échiquier Créonnais 5

Rencontre du 30/03/2025, Nouvelle-Aquitaine Régionale 1, Groupe 7 :
Échiquier Créonnais 5 – Échiquier Tressois 4 : 2-3

Classement final du Groupe 6

Classement final du Groupe 7

Un vrai champion

Un vrai champion

Je prends mon café en écoutant la radio. La journaliste interroge Denis Van Weynbergh, le dernier concurrent du Vendée Globe, arrivé hors délais après 118 jours de mer, épuisé, mais heureux. Il accueille la jeune femme sur son bateau.

– Asseyez-vous sur le truc qui sert à régler la voilure, propose aimablement le champion belge.

– Le winch, précise la journaliste, légèrement inquiète.

– Ouaip, le winch, acquiesce M. Van Weynbergh, débonnaire. Donc, j’ai perdu la corde qui retenait la grand-voile à hauteur des Açores.

– La drisse, corrige la journaliste, de plus en plus inquiète.

–  Ouaip, la drisse.

M. Van Weynbergh est un dernier, mais certainement pas un perdant. Quel champion ! Tous les voileux se souviendront de ce dernier-là qui, de fatigue, a perdu son vocabulaire, mais certainement pas l’honneur de s’être battu jusqu’au bout !

Aux échecs, c’est la même chose. Il faut se battre jusqu’au bout. Contre l’ASPOM, ce dimanche, la défaite a été parfois au rendez-vous pour les joueurs de Créon 5, mais personne n’a abdiqué. Quelques exemples :

À l’échiquier 5, Baptiste a joué sa première partie en Régionale. Il a joué un gambit audacieux, qui malheureusement a échoué. Mais, courage, Baptiste ! Tu t’es bien battu, et tu as donné du fil à retordre à ton adversaire !

À l’échiquier 4, Mattheo a affronté une Défense française. Eh bien, pour son premier match en Régionale (lui aussi !), Mattheo a bien résisté. Mais les échanges se sont faits au détriment de sa structure de pions. Et son roi a vite manqué d’abri sûr.

À l’échiquier 3, Samuel a bien répondu à un Système de Londres, et sa défense était astucieuse. Son début de partie, impeccable, a été mal récompensé.

À l’échiquier 2, Eliotte a fait lui aussi un début de partie à la fois classique et malin. De nous tous, il est celui qui a combattu le plus longtemps. Sa défaite a tenu à peu de choses.

Enfin, à l’échiquier 1, la Sicilienne que j’avais pourtant peaufinée ne m’a apporté qu’un match nul. Bon, ça ira mieux demain.

En guise de conclusion, j’invite le lecteur à imaginer l’interview de Wesley, l’inventeur de la Pseudo-Rossolimo, au lendemain du Tournoi des Candidats, qu’il disputera certainement très vite :

– Donc, après e4, j’ai joué c5, une… cette île au sud de l’Italie ?

– La Sicile ?

– Ouaip, une Sicilienne. Et là, il faut vite sortir… euh,la pièce qui va en diagonale ?

– Le Fou ?

– Ouaip.

À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique