Un Potage Magie
La Coupe de l’Avenir est une compétition d’échecs qui se dispute par équipes. Elle réunit des joueurs ayant un classement Elo modeste. Au dernier moment, de bric et de broc, nous y avons présenté une équipe magnifique.
Que le Lecteur pardonne ce calembour facile, c’était plutôt la Soupe de l’Avenir, une soupe primordiale comme aux temps géologiques, quand dans les mers naissantes mijotait un ragoût d’atomes d’où pouvait surgir une vie complexe.
C’était le cas ce dimanche 22 mars 2026. Comme dans toute soupe, on trouvait des primeurs de l’année (poussin et petit-poussin) et des croûtons (Fabrice et moi). Ce jeu magnifique faisait de nous, jeunes ou vieux, des frères d’armes, guerriers d’un champ de bataille fabuleux, où l’adversaire est un ami.
Donc, comme Christophe Colomb et les frères Pinzon en 1492, nous sommes partis vers l’ouest (pas jusqu’aux Bahamas, mais seulement jusqu’à Bordeaux-Caudéran). Comme eux, nous ne savions pas trop ce qui nous arriverait. Mais cette matinée de printemps était belle et fraîche, comme une aube sur la Mer des Caraïbes. Seulement, à la différence du grand marin génois, la solidarité de mon équipage faisait de moi un capitaine heureux.
Quelle belle journée ! La grande salle du Club AGJA-Échiquier Aquitaine nous accueillait pour trois rondes.

Le résumé
Lors de la première ronde, nous affrontions l’équipe de Mont-de-Marsan 2. Ce fut indiscutablement la ronde de Fabrice qui, grâce à l’Ouverture des 4 Cavaliers, a pu lancer sa paire de fous contre la Dame noire. Pendant ce temps, je me suis défait difficilement d’une adversaire coriace. Victoire rapide de Samuel.
La deuxième ronde, contre l’équipe de l’AGJA D, vit le triomphe de Samuel, qui jouait un Gambit Dame refusé. Son adversaire était un ancien joueur plein d’expérience, néanmoins balayé en 35 coups. Au même moment, Ulysse réussissait un joli match nul. Match nul aussi, miraculeux celui-là, pour Fabrice.
Quand nous nous sommes levés de nos tables, Créon était en tête, à égalité avec quatre autres équipes. Je fredonnai une vieille chanson de Jean Ferrat, un peu modifiée. « La Coupe de l’Avenir / Ouvre ses anses bleues / Faudra-t-il en mourir ? / Ou bien n’est-ce qu’un jeu ? / Hourra ! »
Qu’allait-il se passer ?
La troisième et dernière ronde disputée contre l’équipe de l’AGJA B, fut celle d’Ulysse. Une superbe partie d’attaque avec des roques opposés et des échanges vifs dès le début. Et à la fin, il restait à Ulysse une structure de pions un peu tristounette mais deux Fous triomphants, capables de cisailler l’échiquier comme les lames d’un sécateur.
Le bilan
L’équipe de Créon, seule en tête avec 9 points de match, vainqueur de la Coupe de l’Avenir. Des joueurs radieux, un capitaine heureux, et Ulysse, une coupe dans les bras, pouvait, comme son illustre homonyme, entamer son voyage de retour après une belle série d’exploits.

Un autre Créonnais mérite un coup de chapeau : Jean-Etienne, qui arbitrait. Sa sérénité et son autorité ont rendu possible la réussite de cette journée.
À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !
Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe de Créon
Le classement final
























