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Tag: Saison 2025-2026

Les vaches

Les vaches

« Une vache qui mâche, c’est beau », a chanté Charles Trenet. Parfois, devant une structure de pions bien équilibrée, régalé par l’harmonie qui se dégage de l’échiquier, j’éprouve le même bonheur placide qu’une Prim’Holstein devant un pré fleuri.

Vaches dans un pré.

« Vaca », la vache, a aussi servi a forger le mot « vacances ». On vaque, distraitement, dans un beau paysage, slurp, une sauge, glup, une marguerite. Et on jette un œil magnifique sur une péniche qui passe. Les vacances, avant la grande boucherie de la rentrée.

Ce jour, assis à la table de pique-nique, coincée entre les platanes qui ombragent le canal latéral à la Garonne et la salle de jeu de Fourques, je me sentais en vacances, rempli d’un bonheur bovin. Les parties allaient débuter, et je me retrouverai bientôt devant un échiquier fleuri de pions et de pièces protégeant un Roi plus débonnaire qu’un jardinier. Le bonheur.

Les parties

C’eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés), ce film splendide d’Ettore Scola célèbre l’amour de la vie, et déplore l’abandon de la jeunesse par les traîtres que sont les vieux.

L’Ouverture Anglaise (1.c4) et moi, nous nous sommes tant aimés. Comme dans le film de Scola, je trahis de plus en plus souvent mon amour de jeunesse, et je joue 1.e4.
‒ Qu’est-ce qu’elle a de plus que moi, la Partie Espagnole, elle est plus jeune, hein ? me sussure parfois à l’oreille, avec la voix de Stefania Sandrelli, le fantôme de mon ouverture abandonnée, après mon premier coup.
‒ Ne dis pas de bêtise, poussin-chou, je réplique, avec le même rictus mauvais que Vittorio Gassman. On la jouait déjà au temps de Philippe II.
‒ Alors Monsieur veut du changement, c’est tout, hein ? Le gars en face a joué 1…c5, et tu es déjà perdu.
‒ Ne m’abandonne pas, Mildred, je réponds, avec la voix étranglée de Nino Manfredi dans le même film. Je dois jouer quoi ?
Donc, pour faire court, à la ronde 1, 1.e4 n’a pas marché. Je suis revenu à 1.c4 pour le reste du tournoi.

Pendant ce temps, Maxime, avec les Blancs, gagnait contre une Sicilienne, malgré un Cavalier mal placé. Emma, plus constante que moi dans ses choix d’ouvertures, a gagné aussi après avoir donné la Tour pour deux pièces. Et victoire aussi pour Wesley, sans aucun mérite, puisqu’il a joué avec une pendule en panne, qui lui a accordé le même temps de jeu au début qu’à la fin. Le président, comme Saturne, se rit des choses du temps.

À la ronde 2, François a obtenu une belle nulle contre un gros Elo, en mettant son Roi à l’abri contre le pion passé adverse, tout en jetant son pion passé à lui dans une colonne oubliée. Léo, lui, a gagné au temps dans une finale de Rois et de pions. Quant à notre ami Tristan Roselle, ancien Créonnais, il a joué un bon vieux Système de Londres bien solide. Victoire !

À la ronde 3, Samuel a persisté dans la Défense Française, d’abord la Tarrasch, puis la Variante d’Avance. Ulysse a gagné avec les Noirs, grâce à la Caro-Kann, bien-sûr. Et Frédéric ― un Créonnais à l’arbitrage ! ― a pu renvoyer tous les joueurs sous les platanes du canal latéral à l’issue de cette ronde qui clôturait la matinée.

À la ronde 4, Eliote rejoignait le tournoi, qu’il avait déserté le matin pour disputer sa compétition de judo. Ainsi, après avoir gagné le droit d’arborer une ceinture bleue à son kimono, notre futur Carlsen a persisté dans la victoire, et terrassé la Défense Française de son adversaire. Pendant ce temps, Faustin, embarqué dans une Partie Viennoise haletante avec des roques opposés, triomphait lui aussi. Maxime et Fabrice, eux, s’affrontaient dans une belle partie d’attaque, où Maxime avait sacrifié ses pions du centre pour un peu d’activité. Victoire de notre jeune champion contre notre trésorier, malgré un Roi dans les courants d’air.

À la ronde 5, Léo a obtenu la nulle par un échec perpétuel. Ulysse n’a pu rééditer son exploit de la ronde précédente, une victoire contre un 1700 Elo. Ce 1700 Elo avait avalé du lait de tigresse au petit déjeuner. Et Fabrice, avec les Noirs, a transposé sa Sicilienne sur une Défense Hollandaise, où il avait un bel avantage matériel. Hélas ! Il s’est laissé prendre au piège du mat du couloir !

À la ronde 6, je jouais contre Ulysse, Fabrice jouait contre Eliote.
Ulysse, comme Fabrice, avait deux pions passés liés inarrêtables. J’ai perdu, mais Eliote, dopé par sa ceinture bleue du matin, a réussi, je ne sais comment, à abattre les pions du trésorier.
Signalons que Wesley, anéanti par son adversaire, tenait, hagard, deux minutes après sa défaite, un discours incohérent sur la littérature italienne des années 50. Notre président est faillible, les futurs Carlsen.

La ronde 7 fut la ronde des exploits. Ulysse terrassa le très fort joueur qui venait de battre Wesley, et Samuel était victorieux contre Fabrice !

Bilan

Samuel, 1er des petits poussins !
Ulysse, 1er des poussins !
Maxime, Luther, Faustin : un super tournoi avec 5 points sur 7.
Léo, Wesley, Ulysse : un très beau tournoi avec 4,5 points.
Et, pour tous les autres, le souvenir d’au moins une très jolie partie et d’un chouette dimanche de printemps, sous les platanes, avec les copains.

À bientôt, les Futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique


4ème Rapide de l’Échiquier Marmandais, à Forques-sur-Garonnes, le dimanche 14 juin 2026.

Fiche du tournoi

Classement des joueurs


Les Créonnais au Championnat de Bordeaux 2026

Les Créonnais au Championnat de Bordeaux 2026

Comme chaque année, vers le jeudi de L’Ascension, de vaillants Créonnais se rendent au tournoi de Bordeaux où, durant quatre jours, dans le cadre du restaurant d’entreprise de la gare Saint-Jean, une très jolie compétition se déroule en 7 rondes. L’accueil est toujours merveilleux, le café toujours bon, l’adversaire toujours chaleureux.

Première journée

Bravo les cheminots !

Dans ce quartier pas encore totalement rebâti, la friche côtoie la fibre. Le béton d’Euratlantique effleure les citernes historiques qui abreuvèrent les locomotives de Napoléon III. Et le joueur se dit : Pourquoi ne pas mêler aux enseignements hypermodernes de Wesley, dans mes tactiques, une pépite oubliée de l’ancien temps, un gambit Evans, un contre-gambit Albin, un vieux machin indestructible comme une Deux-Chevaux ?

J’ai donc joué, sur la Nimzo-Indienne, la variante Sämisch. Je ne crois pas que Friedrich Sämisch (1896-1975) aurait apprécié les variantes que j’ai apportées à sa variante. Pendant ce temps, Samuel, distingué par les kilogrammes de fraises qu’il avait généreusement distribués autour de lui pour fêter son anniversaire, signait une belle performance.

Après la partie de l’après-midi, je ramenai Luther chez lui dans ma petite Citroën. Que dire de cette ronde ? Je ne savais pas. Mon passager non plus, alors nous n’avons rien dit.

Élisée Reclus, au XIXème siècle, fut un des pères fondateurs de la géographie moderne et, peut être sans le savoir, un véritable écrivain, surtout quand il parle des fleuves. Il écrit, à propos d’un cours d’eau encore ignoré par l’Industrie : « Dans les environs, il n’existe heureusement qu’un seul chercheur de pépites, vieux géologue qui montre avec orgueil quelques grains brillants contenus dans une boîte en carton : c’est là tout le fruit de ses longues recherches ».

J’ai l’impression de ressembler à ce chercheur d’or, moi, vieux chercheur de victoires qui montre avec orgueil quelques feuilles de parties contenues dans une boîte en fer-blanc, moi, avec mes deux défaites d’aujourd’hui en bandoulière. Mais ce n’est pas là tout le fruit de mes tournois. L’essentiel est ailleurs et, comme disait le Petit Prince, invisible pour les yeux.

Deuxième journée

Pépée

Pépée était la chimpanzé apprivoisée du chanteur Léo Ferré. Chaque soir, Pépée, une bougie dans une main, une tisane de verveine dans l’autre, regagnait sa chambre à l’étage.

Rapidement, Pépée monta dans la hiérarchie domestique. Elle s’empara de la maison entière jusqu’à se permettre de casser la figure à tous ses rivaux dans le cœur du chanteur, c’est à dire à peu près tout le monde.

Parfois, sur l’échiquier, on assiste à la naissance de Pépées, des pièces légères inattendues dans des cases fortes, inexpugnables, et qui empoisonnent l’existence de tout leur entourage. L’exemple le plus célèbre est le fameux Cavalier-pieuvre que Kasparov parachuta un jour au coeur du camp de Karpov. Le rêve de tout joueur d’échecs, au delà de la victoire, est de réussir un jour un tel parachutage.

C’est l’arrivée de ce Cavalier-pieuvre en e4 que Quentin, l’après-midi, a essayé d’éviter. Quentin raconte :

« Après le début Reti, j’ai joué symétrique pendant longtemps. J’étais très fatigué de ma partie du matin, alors j’ai compliqué la situation jusqu’à ce qu’il se trompe ».

C’est ce qui différencie un bon joueur comme Quentin d’un joueur comme moi, qui aurait simplifié la position uniquement par paresse.

Pendant ce temps, Luther, sur la défensive, arrachait une nulle inespérée. Bravo !

Troisième journée

Waterloo, morne plaine

En 1862, Victor Hugo, 47 ans après la bataille, visite Waterloo. Il écrit : « S’il n’avait pas plu dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, l’avenir de l’Europe était changé. Un nuage traversant le ciel à contre-sens de la saison a suffi pour l’écroulement d’un monde. « En effet, la bataille n’a pu commencer qu’à onze heures et demie. La terre était mouillée. Il a fallu attendre un peu de raffermissement pour que l’artillerie pût manœuvrer. Ce délai a donné à l’armée prussienne le temps de secourir l’armée anglaise.

Les échecs, ce jeu terrible, reproduisent les batailles d’autrefois. Comme Napoléon, le joueur échafaude les plans les plus minutieux. Mais comme en juin 1815 en Belgique, un retard imprévisible peut anéantir toute la préparation.

C’est ce qui s’est passé pendant ma partie du matin. Mon beau plan, bâti pour que mon adversaire reste avec un mauvais Fou et moi un bon, s’est écroulé. Comme à Waterloo, il était trop tard pour engager le combat. Match nul.

Match nul aussi, méritoire, pour Luther qui, avec une pièce de moins, a réussi un échec perpétuel. Match nul aussi pour Wesley, sans rien qui le justifie, mais un chef n’a pas à se justifier.

Félicitons Louis qui arracha le gain grâce à un très beau jeu de pions en finale.

Quatrième journée

Les racines du ciel

Il y a très très très longtemps, quand j’étais très très très jeune, sur une montagne très très très haute, par une nuit très très très noire, je partageais un bivouac très inconfortable avec des copains, qui, comme moi, attendaient le jour.

C’était avant les portables. Chacun, pour tuer le temps, y allait de son récit.

Une alpiniste nous raconta par le détail « Les Racines du Ciel » de Romain Gary. Dans un camp de prisonniers, où tout espoir paraît vain, un gars dit à ses camarades : « Confiance, les amis ! On est invulnérables ! On est des éléphants ! » Et ça marche.

En ce dimanche, après ma série de défaites, j’ai repensé à cette fille amatrice de littérature. Je me suis dit, face à un adolescent certainement bouillant d’inventivité, que j’étais un éléphant et qu’il fallait affronter le destin comme Gary l’affronta, avec une âme de Romain. Auprès de moi, il y avait Arthur, du club Caissa Bordeaux,Samuel, de Créon, Pierre, de l’Échiquier Tressois et Jacques, du club Cheval Bayard. Courage les gars, on est des éléphants !

Après ma partie, j’ai fait ce que font la plupart des perdants, je me suis dirigé vers le bar.

‒ Rends-toi à l’évidence, Jean-Michel, tu n’es pas un éléphant, m’a soufflé Wesley, en agitant ses oreilles, ce qu’il fait toujours quand il suspecte un rival de vouloir lui carotter le commandement de la harde.

‒ Qu’est-ce qui fait un éléphant, Wesley ? Lui ai-je demandé.

‒ Les oreilles avec lesquelles un président entend tout. La mémoire, qui lui permet de se souvenir de ce qu’il a entendu. Et, bien sûr, un nez préhensile.

Wesley a délicatement arraché quelques feuilles de ronces, sur le toit de la cantine, d’un coup de trompe, pendant que je croquai dans mon jambon-beurre.

‒ Et c’est tout, Wesley ?

‒ Non, ce qui fait la valeur d’un éléphant, c’est avant tout la paire de défenses. Moi, c’est la Pirc et la Petrov. Hahahaha.

Bilan

Wesley est le vainqueur, superbe et sympa, du Tournoi de Bordeaux, avec 6 points sur 7, devant des concurrents aux très gros Elo !

Louis termine quatrième avec 5,5 points, à une marche du podium !

Quentin et Luther avec 4 points, ainsi que Samuel avec 3 points, ont été les auteurs de très belles parties !

Un beau moment de sport et d’amitié !

Jean-Michel Labourdique


56e Championnat de Bordeaux – Du 14 au 17 mai 2026

ClassementGrille américaine


La force de l’âge

La force de l’âge

Ce dimanche 29 mars 2026, se tenait à Villeneuve-sur-Lot la dernière ronde des compétitions interclubs en division Régionale 1.
L’équipe Échiquier Club Créonnais 3, dont la moyenne d’âge se situe autour de 60 ans, abordait ce match avec détermination, Malheureusement, il nous manquait notre quatrième senior, Philippe Rollin, qui n’a pas pu être de la fête ce dimanche, mais qui à participé aux succès de l’équipe dans les cinq rondes précédentes, Afin de pallier cette absence, nous nous sommes rabattus sur la jeunesse, en la personne de monsieur Éliote Belair, Certes il a fait chuter la moyenne d’âge, mais il n a pas déçu par une belle victoire sans discussion.

Bilan de la saison 2025-2026

Grâce à six victoires et un match nul, la Nationale 4 nous attend l’année prochaine. Je ne résiste pas, en capitaine que je suis, à l’envie de remercier mes compagnons de bataille : Fabrice Leleu, Philippe Rollin, Xavier Gascon et Éliote, qui nous à sympathiquement rejoint pour la dernière ronde, et à qui j’aimerais bien réserver une place dans l’équipe de Créon qui évoluera en division Nationale 4 la saison prochaine.

Fabrice Detanoy
Capitaine de l’équipe Échiquier Club Créonnais 3

Classement final de la saison 2025-2026
Un Potage Magie

Un Potage Magie

La Coupe de l’Avenir est une compétition d’échecs qui se dispute par équipes. Elle réunit des joueurs ayant un classement Elo modeste. Au dernier moment, de bric et de broc, nous y avons présenté une équipe magnifique.

Que le Lecteur pardonne ce calembour facile, c’était plutôt la Soupe de l’Avenir, une soupe primordiale comme aux temps géologiques, quand dans les mers naissantes mijotait un ragoût d’atomes d’où pouvait surgir une vie complexe.

C’était le cas ce dimanche 22 mars 2026. Comme dans toute soupe, on trouvait des primeurs de l’année (poussin et petit-poussin) et des croûtons (Fabrice et moi). Ce jeu magnifique faisait de nous, jeunes ou vieux, des frères d’armes, guerriers d’un champ de bataille fabuleux, où l’adversaire est un ami.

Donc, comme Christophe Colomb et les frères Pinzon en 1492, nous sommes partis vers l’ouest (pas jusqu’aux Bahamas, mais seulement jusqu’à Bordeaux-Caudéran). Comme eux, nous ne savions pas trop ce qui nous arriverait. Mais cette matinée de printemps était belle et fraîche, comme une aube sur la Mer des Caraïbes. Seulement, à la différence du grand marin génois, la solidarité de mon équipage faisait de moi un capitaine heureux.

Quelle belle journée ! La grande salle du Club AGJA-Échiquier Aquitaine nous accueillait pour trois rondes.

20 équipes de 4 joueurs s’affrontent pour tenter de remporter la Coupe de l’Avenir 2026

Le résumé

Lors de la première ronde, nous affrontions l’équipe de Mont-de-Marsan 2. Ce fut indiscutablement la ronde de Fabrice qui, grâce à l’Ouverture des 4 Cavaliers, a pu lancer sa paire de fous contre la Dame noire. Pendant ce temps, je me suis défait difficilement d’une adversaire coriace. Victoire rapide de Samuel.

La deuxième ronde, contre l’équipe de l’AGJA D, vit le triomphe de Samuel, qui jouait un Gambit Dame refusé. Son adversaire était un ancien joueur plein d’expérience, néanmoins balayé en 35 coups. Au même moment, Ulysse réussissait un joli match nul. Match nul aussi, miraculeux celui-là, pour Fabrice.

Quand nous nous sommes levés de nos tables, Créon était en tête, à égalité avec quatre autres équipes. Je fredonnai une vieille chanson de Jean Ferrat, un peu modifiée. « La Coupe de l’Avenir / Ouvre ses anses bleues / Faudra-t-il en mourir ? / Ou bien n’est-ce qu’un jeu ? / Hourra ! »

Qu’allait-il se passer ?

La troisième et dernière ronde  disputée contre l’équipe de l’AGJA B, fut celle d’Ulysse. Une superbe partie d’attaque avec des roques opposés et des échanges vifs dès le début. Et à la fin, il restait à Ulysse une structure de pions un peu tristounette mais deux Fous triomphants, capables de cisailler l’échiquier comme les lames d’un sécateur.

Le bilan

L’équipe de Créon, seule en tête avec 9 points de match, vainqueur de la Coupe de l’Avenir. Des joueurs radieux, un capitaine heureux, et Ulysse, une coupe dans les bras, pouvait, comme son illustre homonyme, entamer son voyage de retour après une belle série d’exploits.

L’équipe de Créon remporte la Coupe de l’Avenir 2026 ZID Aquitaine

Un autre Créonnais mérite un coup de chapeau : Jean-Etienne, qui arbitrait. Sa sérénité et son autorité ont rendu possible la réussite de cette journée.

À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe de Créon

Le classement final

Le Stack

Le Stack

Non, un stack n’est pas un bout de viande destiné au gril. C’est un terme de géomorphologie, dont la traduction française est longue et pompeuse : « pilier d’érosion de recul de côte ». L’aiguille d’Étretat est un stack. Les Deux Jumeaux à Hendaye sont trop gros et pas assez hauts pour mériter ce nom.

Un stack majestueux résistant à l’assaut de la houle

Aux échecs, un Cavalier sur son avant-poste, triomphant sur sa case forte, est un stack. Déferlez, ô vagues de l’attaque adverse, je résisterai.

En mer, le moyen presque infaillible de repérer un stack est de surveiller le ciel. Les oiseaux de mer qui survolent par dizaines ce site de nidification idéal se voient de loin : goélands, mouettes et fous.

J’avoue une tendresse certaine pour le Fou Masqué, le Fou de la Défense Est-Indienne, celui qui ne sort que pour mater, mais qui est aussi un oiseau de mer, qui ressemble un peu à notre Fou de Bassan, mais portant en plus le masque de Zorro. Il est inféodé à des stacks très rares, bizarrement presque tous français. Ceux de l’île Clipperton, dans le Pacifique Nord, abritent 70 % des effectifs mondiaux.

Son nom et son audace mériteraient d’en faire la mascotte mondiale des joueurs d’échecs.

Ces deux Fous Masqués sur un échiquier seraient assurément redoutables !

Le Match

Revenons aux aventures de l’équipe Échiquier Club Créonnais 6 ! La ronde de ce dimanche 15 mars 2026 nous opposait à nos amis de Libourne, en match retour.

À l’échiquier 4, Baptiste a longtemps tenu tête à notre amie Fabienne,la Présidente de L’Échiquier Libournais. Baptiste s’est bien défendu, et il a fallu 49 coups à son adversaire pour empocher le gain.

À l’échiquier 3, Axel a malheureusement perdu son Fou dès le sixième coup par une étourderie. Axel a ensuite vaillamment combattu, mais son retard matériel était trop important.

À l’échiquier 2, Samuel a joué, avec succès, la Défense Française. Bravo Samuel !

Enfin, à l’échiquier 1, j’ai réussi à placer mon Cavalier sur un stack, et il a paralysé la défense adverse.

Bilan : match nul 2 à 2 !

À bientôt les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique
Capitaine de l’équipe Échiquier Club Créonnais 6


Rencontre du 15/03/2026, Ligue Nouvelle-Aquitaine, Régionale 2, Groupe 8 :
Échiquier Club Créonnais 6 – Échiquier Libournais 2 : 2-2


Le Quadruple Remède

Le Quadruple Remède

Il y a 23 siècles, le philosophe Épicure énonça les Quatre Règles qui permettent à un homme d’accéder au bonheur et de réussir sa vie.

Ce fut un échec. Aujourd’hui, dans le vocabulaire, un épicurien, c’est quelqu’un qui aime le vin rouge et le foie gras.

Wesley, lui, a eu plus de réussite. Il a édicté les Quatre Règles qui permettent à un futur Carlsen d’accéder à la victoire et de réussir sa partie. À la différence d’Épicure, la pensée du président de l’Échiquier Club Créonnais n’a pas été dévoyée :

‒ Le centre tu occuperas ou contrôleras.

‒ Tu te dépêcheras de sortir tes pièces légères dans l’ouverture.

‒ Tu mettras ton Roi à l’abri au plus vite.

‒ Évidemment, comme un champion doit avoir une diététique et qu’il faut privilégier les sucres lents, tu mangeras des pâtes.

Ce dimanche 1er février 2026, le combat fratricide de Créon 6 contre Créon 4 a fourni une belle illustration de la pensée wesleyienne. Tous les futurs Carlsen ont appliqué ce qu’ils ont appris, et leurs parties ont été des parties de qualité. Saluons particulièrement les prestations d’Aaron, de Luigi et d’Elsa, qui faisaient aujourd’hui leur première partie en division Régionale 2.

À l’échiquier 1, j’ai joué contre Eliote une Partie Anglaise. Nous nous sommes rapidement rendus compte tous les deux, que le vainqueur serait celui qui, le premier, ferait vivre ses Fous. Ce fut Eliote ! Bravo à lui !

À l’échiquier 2, Ulysse a joué l’Ouverture Écossaise. Il a réussi à vite déroquer le Roi adverse, et a bâti sa victoire sur cet avantage.

À l’échiquier 3, Luigi a fait une belle partie. Mais il a négligé de défendre un pion central attaqué, et ses pions se sont vite désolidarisés.

Enfin, à l’échiquier 4, Elsa a joué une très belle Partie Viennoise. Mais Axel a fini par l’emporter, grâce à une meilleure structure de pions.

À bientôt, les futurs Carlsen ! Mangez des pâtes !

Jean-Michel Labourdique