Voici certainement l’un des plus beaux problèmes d’échecs jamais composés. C’est assurément aussi l’un des plus célèbres de par la recherche esthétique de la position finale. C’est bien pour cela que les échecs ne sont pas qu’un jeu ou un sport, mais un art !
En 1850, le joueur d’échecs et grand théoricien Carl Jaenisch compose et publie un problème d’échecs inspiré par l’histoire suivante.
L’histoire
Durant la seconde moitié du XIVème siècle, Tamerlan, redoutable chef de guerre turco-mongol, a bâti un immense empire autour de la capitale Samarcande, grâce à ses conquêtes militaires accompagnées de destructions, de massacres et de terreur. En 1402, lors de la bataille d’Ankara, Tamerlan remporte une éclatante victoire, grâce à la supériorité de sa cavalerie face à l’infanterie du sultan ottoman Bayezid 1er. Le sultan est capturé et, selon la légende, emprisonné dans une cage de fer durant 8 mois.
Le problème
Voici donc la position initiale du problème :
Tamerlan est représenté par le Roi blanc, Bayezid par le Roi noir. Le trait est aux Blancs.
Évidemment, vous aurez vite observé que les Blancs peuvent mater le Roi noir en un coup :
1.Cg5#
Mais Tamerlan ne veut pas mater son ennemi en un coup.
Bayezid s’exclame alors : « Tu as tort de te moquer de moi car je peux au moins apprécier la fidélité de mes soldats, regarde, mes 8 pions sont encore avec moi ! » Tamerlan lui répond : « Eh bien, nous allons voir à quoi peut bien te servir cette fidélité ! »
Un indice
Tamerlan va alors faire durer son supplice jusqu’à l’enfermer dans une cage formée de ses huit soldats, avant de lui donner le coup de grâce. Et cela grâce à neuf coups, auxquels les Noirs ne pourront répondre que par des coups forcés.
À vous de jouer !
La solution
Les échecs ne sont pas qu’un jeu ou un sport, mais un art !
Casablanca 1942. Humphrey Bogart est le propriétaire désespéré d’un tripot à la mode. Pendant que la jet-set locale se ruine devant sa roulette truquée, ivre, triste et seul, il joue aux échecs contre lui-même.
Le retour d’Ingrid Bergman mettra fin au désespoir de l’amateur de siciliennes. « Play it again, Sam », dira-t-elle au vieux pianiste, et ce sera le début de la rédemption du héros.
Le gentil fantôme d’Ingrid, l’amie des joueurs d’échecs, est aimablement venu donner un coup de pouce aux forces de l’équipe Créon C. Nous recevions nos amis de Saint-André-de-Cubzac, et, sur les échiquiers, ça chauffait !
« Play it again, Jean-Philippe ». Alors Jean-Philippe, comme à son habitude, très tôt, a sorti sa Dame, primesautière comme une star de Hollywood et agile comme un trois-quarts-centre. 1-0.
« Play it again, Liam ». Alors Liam, sérieusement, comme toujours, a occupé le centre avec ses pions pendant que son adversaire perdait du temps sur les ailes. 2-0.
« Play it again, Jean-Michel ». Alors j’ai joué ma bonne vieille défense Nimzo-indienne, qui a fini par être efficace. 3-0.
« Play it again, Mani ». Et Mani, avec les Blancs, a longtemps tenu tête à la défense française de son adversaire. 3-1.
Pour conclure, je dirai que Maylis, à l’échiquier 1, a réuni son tandem favori : Dame et Cavalier. Les deux pièces, solidaires et efficaces, ont travaillé à un match nul qui avait un air de petite victoire. La reine et le chevalier étaient ensembles et joyeux, comme Humphrey Bogart et Claude Rains, tout à la fin du film, dans le brouillard de l’aéroport de Casablanca.
À Montendre, le 11 décembre, les futurs Carlsen ! En attendant, mangez des pâtes !
Jean-Michel Labourdique
Rencontre du 27/11/2022, Régionale, Groupe Nouvelle-Aquitaine 6 : Créon C – Cheval Bayard Saint-André-de-Cubzac : 3-1
La prochaine rencontre du Championnat Interclubs de Régionale du Groupe 6 aura lieu le dimanche 11 décembre 2022 dans les locaux du club Montendre Échecs (Charente-Maritime). L’équipe Créon C sera opposée à celle de Montendre Échecs.
Il fait encore presque nuit et bien frisquet lorsque nous nous retrouvons sur la place de la Prévôté de Créon, le point de rendez-vous traditionnel, pour partir à Foulayronnes. Le covoiturage sera notre mode de déplacement, puisque le minibus habituellement mis à notre disposition par la Mairie de Créon n’était pas disponible ce dimanche. Les huit jeunes joueurs et les cinq parents accompagnateurs se répartissent dans les trois voitures, et c’est parti pour 1h40 de voyage sous le soleil matinal !
Nous arrivons à l’heure prévue, autour de 9h30, à la salle de jeu du Club de Foulayronnes Échecs. Les tables sont prêtes, une agréable odeur de café ne tarde pas à flotter dans la salle, très belle et accueillante.
Les feuilles de matchs sont présentées à l’arbitre avant 9h45, comme le stipule le règlement. Les joueurs profitent des quelques minutes avant le début de la compétition pour s’échauffer les neurones autour des échiquiers.
Ronde 1
Pour la première ronde, l’équipe aux couleurs de l’Échiquier Club Créonnais est opposée à l’équipe de Pau Berlioz.
Le coup d’envoi de la première ronde est donné à 10h00 par Pascal Ceroni, arbitre de cette rencontre. Après quelques rappels du règlement, le top du départ est donné par la traditionnelle phrase : « Vous pouvez vous souhaiter une bonne partie et les Noirs appuient sur la pendule ! »
La première ronde vient de débuter
Hélas, le club béarnais ne peut aligner que 6 joueurs, à cause de deux forfaits aux échiquiers 7 et 8. Aloys et Axel sont donc assis devant leur échiquier, face à une chaise vide. Je leur explique que leur seule présence rapporte déjà 4 points à l’équipe. Leur étonnement et leur première frustration se dissipe alors. Pour occuper leur début de la matinée, j’entame avec eux une petite partie simultanée pédagogique en leur donnant quelques conseils pour corriger leurs coups parfois hasardeux.
Puis les résultats tombent peu à peu. Timéo a peut-être joué un peu trop rapidement. Il est le premier à rendre sa feuille de partie à l’arbitre. Nous analysons sa défaite en rejouant sa partie sur un échiquier. Je lui explique que sa prise du pion f2 avec les Noirs est rarement un bon coup, lorsque les Noirs échangent un Cavalier et un Fou contre un pion et une Tour. Il s’en souviendra pour les prochaines parties, j’en suis sûr. Ensuite, même avec une pièce de moins, il s’est encore vaillamment battu jusqu’à une erreur fatale.
La joie de la victoire
Puis Luther et Liam sont fiers de m’annoncer leur victoire. Ils sont suivis par Emma, le visage illuminé par un large sourire, qui ne cache pas sa satisfaction d’avoir progressé en finale. Cela lui a permis d’arracher les deux points de la partie.
L’équipe de Créon a d’ores et déjà assuré la victoire de ce premier match. Toutefois, pour Delphine et Maxime, les parties sont loin d’être terminées. Après avoir rattrapé son retard à la pendule, Delphine et son adversaire sont tous deux en Zeitnot*. Mais en jouant à la hâte un coup imprécis, elle laisse la victoire à son adversaire. C’est donc Maxime qui tiendra tout le monde en haleine, cherchant en vain une faille ou une erreur du camp adverse pour arriver à mener son pion à Dame. Mais les spectateurs entourant l’échiquier 1 assisteront à une partie nulle logique dans une finale avec des Fous de couleurs opposées.
Score final en faveur de l’équipe créonnaise : 10-4
Une pause méridienne très courte en raison de la partie de Maxime, qui a duré près de trois heures, nous permet enfin de nous attabler pour pique niquer. Le temps a viré à la pluie et nous restons donc dans la salle.
Ronde 2
La deuxième ronde commence avec un léger retard. C’est l’équipe de Tarbes du club Échiquier de Bigorre qui sera notre adversaire de l’après-midi.
Malheureusement pour elle, leur capitaine déclare lui aussi deux forfaits aux échiquiers 7 et 8 et nous offre d’emblée 4 points de match. Hélas, pour Axel et Aloys, la fête est finie. Ils ne joueront pas non plus l’après-midi. Il est dommage que nous n’ayons pas été prévenus la veille. Pour leur première journée de Championnat Interclubs Jeunes, ils sont déçus de ne pas avoir pu jouer. Ils retourneront donc prématurément à Créon, en ayant tout de même pu s’imprégner de l’ambiance et de la concentration des joueurs lors de cette compétition. Ils auront également pu faire quelques parties amicales et recevoir quelques précieux conseils pour la prochaine fois.
Les résultats tombent peu à peu
C’est encore Timéo qui se lève le premier de son échiquier numéro 6, mais cette fois-ci avec la fierté d’avoir mis échecs et mat le Roi de son adversaire, resté au centre, avec sa Dame et son Cavalier.
Delphine ne résiste pas à son adversaire qui affiche près de 600 points Elo de plus qu’elle. Mais Emma et Liam ont la grande satisfaction d’empocher chacun une deuxième victoire.
À l’échiquier numéro 1, Maxime a fort à faire face au plus fort joueur de l’équipe de Tarbes, qui le domine d’environ 400 points Elo. Il répond au gambit-Dame par le contre-gambit Albin** qu’il a déjà expérimenté à plusieurs reprises avec succès. Ainsi il tente de mener son adversaire sur un terrain moins familier. Mais cette fois-ci, Maxime n’arrive pas a récupérer le pion sacrifié et devra logiquement s’incliner.
Maxime cherche à tirer un avantage de son contre-gambit Albin
Timéo, Liam, Emma et Maxime reprennent la route en direction de Créon, sans attendre l’issue de la ronde. Mais nous savons tous, avant la fin de la dernière partie, que notre équipe a également gagné ce deuxième match.
Luther, encouragé par sa victoire du matin, est engagé dans une très longue partie. Lui et son adversaire sont les derniers à jouer. Hélas, son adversaire arrive à promouvoir son pion en Dame dans la finale et remporte la dernière partie.
Score final en faveur de l’équipe créonnaise : 10-6
Après avoir signé la feuille de match, je remercie l’arbitre ainsi que le club de Foulayronnes pour son accueil. Et, nous nous mettons immédiatement en route pour le retour, sous les fortes averses. Et lorsque Delphine et moi-même regagnons enfin notre domicile, après cette belle journée consacrée aux échecs, il fait déjà nuit !
Classement provisoire
Les bénéfiques analyses
Six de nos huit joueurs rentrent chacun avec deux feuilles de partie à analyser avec l’aide précieuse de notre professeur, Loïc Fournier, lors du prochain cours d’échecs au club. Il y aura sûrement de nombreux enseignements à tirer de chacune des parties. Cela leur permettra ne pas refaire certaines erreurs ou de mieux comprendre les plans stratégiques de certaines positions. La moisson d’expériences de cette journée est donc loin d’être terminée. Et c’est assurément là l’essentiel de ces compétitions réservées aux jeunes : leur apporter de l’expérience pour progresser.
Remerciements
Il me reste à remercier les parents pour avoir laissé leurs enfants participer à cette compétition, parfois pour la première fois. Je remercie également les parents qui ont accompagné l’équipe avec moi, et tout particulièrement les papas de Liam et Aloys qui ont participé au covoiturage. Sans eux cette aventure n’aurait pas été possible. Je remercie aussi à l’avance notre professeur d’échecs, Loïc Fournier, qui va analyser les douze parties jouées par nos héros du jour. Il contribuera à renforcer leur savoir et leurs compétences sur l’échiquier pour de belles victoires futures.
Jean-Etienne Haeuser Capitaine de l’équipe de Créon de Nationale 2 Jeunes
Rencontre du 20/11/2022, Nationale 2 Jeunes, Groupe XI : Créon – Pau Berlioz : 10-4 Tarbes – Créon : 6-10
La prochaine rencontre de Championnat de Nationale 2 Jeunes aura lieu le dimanche 4 décembre dans les locaux du club AGJA Bordeaux. L’équipe de Créon sera opposée à celles de Tresses et de l’AGJA Bordeaux.
*) Le terme allemand Zeitnot (prononcez « Tsaïtnôte »), signifie littéralement manque de temps. Il est utilisé aux échecs pour désigner la situation d’un joueur qui a presque épuisé son temps de réflexion restant à la pendule. Il est de ce fait obligé de jouer très rapidement ses coups pour ne pas perdre au temps. On dit qu’il est en Zeitnot. (Rendez-vous sur la page consacrée à la pendule d’échecs pour en savoir plus.)
**) Pour voir une partie d’échecs gagnante pour les Noirs avec le contre-gambit Albin, étudiée au cours d’échecs avec notre professeur Loïc Fournier, consultez l’article consacré à la partie Van Vely – Morozevitch, Monte-Carlo 2008.
Le thème du deuxième cours d’échecs du samedi 19 novembre 2022 proposé par Loïc Fournier était la structure de pion de Carlsbad.
Aux échecs, la structure de pions est la configuration des pions sur l’échiquier. Elle est parfois aussi connue sous le nom de squelette de pions. Car les pions étant les pièces les moins mobiles, la structure de pions est relativement statique. Par conséquent, elle détermine de façon importante la stratégie générale et les plans, indépendamment de l’ouverture dont elle est issue.
Philidor fut le premier à reconnaître l’importance de la structure de pions. Avant lui, on considérait que les pions gênaient le développement des pièces. Il était fréquent de les sacrifier pour gagner un tempo ou avoir un meilleur développement.
La structure de Carlsbad
La structure de pion de Carlsbad découle principalement de l’ouverture du Gambit Dame refusé. Voici donc à quoi ressemble la position de base des pions :
Il en résulte un jeu semi-ouvert. Les plans des Blancs sont généralement l’attaque de minorité ainsi que la poussée du pion e4. Les Noirs, quant à eux, essaient d’exploiter l’avant poste en e4 et d’attaquer à l’aile-Roi.
La partie étudiée a été jouée lors de l’Olympiade* de 1968 à Lugano (en Suisse) entre Milko Bobotsov avec les Blancs et Tigran Petrossian avec les Noirs. Elle nous montre le jeu des pièces autour de ce squelette de pions très caractéristique.
Alors, pour ceux qui aimeraient revoir la partie et la rejouer sur leur échiquier, ou pour ceux qui auraient raté le cours, voici la partie :
La Dame blanche est perdue et Milko Bobotsov abandonne la partie.
*) L’Olympiade d’Échecs est une compétition internationale bisannuelle d’échecs opposant des équipes nationales, organisée par la Fédération Internationale Des Échecs (FIDE). Les pays s’affrontent sur 4 échiquiers. Chaque équipe peut présenter 6 joueurs (4 titulaires et 2 suppléants). 53 nations ont participé à la 18ème Olympiade ayant eu lieu du 17 octobre au 7 novembre 1968 à Lugano en Suisse. L’Union Soviétique a terminé à la première place devant la Yougoslavie et la Bulgarie. Les États-Unis ont terminé à la quatrième place.
Autres parties étudiées aux cours d’échecs de l’Échiquier Club Créonnais :
Voici la célèbre étude d’échecs de Reti, que tout joueur se doit de connaître, révisée avec Loïc Fournier lors du cours d’échecs du samedi 12 novembre 2022 à l’Échiquier Club Créonnais.
Richard Reti
Richard Reti a été un très fort joueur d’échecs du début du XXème siècle. Il est né hongrois en 1889, puis est devenu, comme sa région d’origine, tchécoslovaque après la Première Guerre mondiale. Il est mort en à Prague. Reti a été l’un des meilleurs joueurs des années 1910 à 1920.
Il a apporté aux échecs une nouvelle vision du jeu stratégique et développé de nouveaux concepts que l’on nomme l’école hypermoderne.
L’École hypermoderne
En effet, l’école classique des échecs préconise, au tout début de la partie, de contrôler d’abord le centre de l’échiquier en y plaçant ses pions. Ainsi, en début de partie, les Blancs tentent généralement de placer deux pions sur les cases e4 et d4. Richard Reti observe que s’il place des pions au centre du jeu, ceux-ci vont gêner le développement de ses propres pièces. Ils suggère donc de différer le déplacement des pions d et e et de développer plutôt les Fous en fianchetto et les Cavaliers vers le centre. Il ajoute juste le pion c pour aider à contrôler le centre. Pour comprendre les idées développées par Richard Reti, le mieux que l’on puisse faire est de s’intéresser à l’ouverture qui porte maintenant son nom, le début Reti.
L’étude
Richard Reti est l’auteur de quelques combinaisons et de cette étude qui est restée célèbre et incontournable. Elle a été publiée pour la première fois dans les Neueste Schachnachrichten en 1922 puis reproduite dans de nombreux manuels d’échecs.
Les blancs jouent et font nulle.
À première vue, la mission semble impossible : si les Blancs essaient de pourchasser le pion noir, ils n’y parviendront jamais (1. Rh7 h4 2.Rh6 h3 etc. est clairement sans espoir). Si les Blancs tentent de promouvoir leur pion, les Noirs pourront facilement le capturer (1.c7 Rb7 et les Noirs sont gagnants).
Les Blancs peuvent cependant annuler, en profitant du fait que leur Roi peut se déplacer dans deux directions à la fois : vers le pion noir et vers son propre pion.
Voici la solution :
1. Rg7!! Le Roi blanc poursuit deux buts à la fois, rattraper le pion noir et aider le pion blanc.
1… h4 2. Rf6!
Le Roi blanc est maintenant prêt à rejoindre son pion en jouant Re7. Par exemple, si 2…h3 3. Re7 h2 4. c7 Rb7 5. Rd7 et les deux camps font Dame en même temps et la partie est nulle.
2… Rb6 3. Re5 !!
Le Roi blanc menace maintenant d’entrer dans le carré du pion noir par Rf4 et donc de le capturer. Mais si le pion noir avance en h3, le Roi blanc va en d6 pour défendre son pion et les deux camps vont promouvoir leur pion en Dame en même temps ! La partie est donc nulle !
Cette étude illustre parfaitement une propriété physique du jeu d’échecs un peu étrange : le Roi se déplace aussi vite s’il va tout droit que s’il va en diagonale ou en zigzag.
* ! caractérise un excellent coup et !! qualifie un coup brillant. Les coups imprimés en gras sont les coups principaux. Les autres coups sont des variantes possibles pour illustrer le commentaire.
Les joueurs débutants n’ayant pas l’habitude des usages de notation utilisés dans cet article ou dans les livres d’échecs peuvent consulter la page concernant la notation d’une partie d’échecs.
Lors du deuxième cours du samedi 12 novembre, Loïc Fournier nous a présenté la célèbre partie jouée en 1900 à Paris par Harry Nelson Pillsbury contre Georg Marco.
Le champion américain Pillsbury fut l’un des plus brillants joueurs d’échecs de 1892 à 1904. Il doit sa grande notoriété notamment grâce à sa victoire au prestigieux tournoi d’Hastings en 1895, à l’âge de 22 ans. Mais, il mourut prématurément à l’âge de 33 ans, emporté par la maladie, et ne put disputer à Emanuel Lasker le titre de champion du monde.
Pillsbury fit preuve, tout au long de ce tournoi, d’un jeu tactique et entreprenant. Et il popularisa le Gambit dame pour le reste de la décennie, notamment grâce à sa fameuse victoire contre Siegbert Tarrasch. Cette dernière donne un exemple de ce qu’on a appelé l’attaque Pillsbury dans le Gambit dame refusé. Ce nouveau système, avec lequel il remporta de nombreuses victoires, est caractérisé par le coup Ce5 suivi de f4.
La partie jouée par Harry Nelson Pillsbury contre Georg Marco en 1900 à Paris reprend le même plan d’attaque. Vous pouvez la revoir ci-dessous :
Georg Marco abandonne alors au 23ème coup, voyant que le mat est inévitable après 23…Rxf8 24. Dh8+ Rf7 25. Dh7+ Rf8 26. Dxd7.
Autres parties étudiées aux cours d’échecs de l’Échiquier Club Créonnais :